La Russie, un bout d’Europe au goût d’Asie

La Russie, pour un quart européenne et aux trois quarts asiatique, est le plus vaste pays du monde (une fois et demie l’Europe). Sur près de 10 000 km de la Baltique au Pacifique, elle est bordée par de nombreuses mers, deux océans et 16 pays.

La grande majorité de sa population d’environ 150 millions d’habitants réside en ville. La capitale, Moscou, est le reflet de l’histoire du pays, avec ses clochers aux bulbes en forme de flamme, ses avenues démesurées bordées d’immeubles staliniens, la place Rouge et le Kremlin. A l’opposé, Saint-Pétersbourg, créée par Pierre le Grand, oeuvre d’architectes italiens et d’ingénieurs allemands, s’ouvre sur l’Europe et tourne le dos à la rude simplicité de la Russie intérieure.

La Russie est le pays des extrêmes et de la diversité, que ce soit d’un point de vue géographique, climatique, ou population. Plus de la moitié du pays est située au nord du 60° parallèle et, en hiver, la température peut s’échelonner de −8 °C à Saint-Pétersbourg à -70 °C à Verkhoïansk. Heureusement, en été, elle peut monter jusqu’à 38 °C au sud. Couvertes de steppes au sud, de forêt au nord, et de toundra au bord de l’océan Arctique, ses vastes plaines sont parcourues de fleuves géants, comme la Volga, long de 3 350 km, et la Ienisseï, l’Ob, la Léna, l’Amour aux énormes débits. Ses massifs montagneux battent également des records. Le Caucase, au sud, possède le sommet le plus élevé d’Europe, le mont Elbrouz qui culmine à 5 642 mètres. À l’est la chaîne de volcans de la presqu’île du Kamtchatka est dominée par le Klioutchevskoï, à 4 835 mètres.

Aujourd’hui, dixième puissance mondiale en termes de PIB à valeur nominale et sixième en parité de pouvoir d’achat

Sur l’immensité de son territoire, la Russie dispose de ressources minières (houille, fer, nickel, diamant, etc.) et énergétiques (pétrole, gaz naturel, hydroélectricité) en abondance. Elle a également conservé de l’Union soviétique une industrie métallurgique lourde, puissante et concurrentielle, et un savoir-faire dans les domaines de l’aéronautique, de l’armement et de l’énergie. Mais son économie reste peu diversifiée et sa croissance trop sensible aux évolutions du prix des matières premières.

Pour son malheur, la transition vers le libéralisme a été imposée par le FMI et la BERD, inspirés par les économistes de l’école de Chicago, dignes héritiers de la mafia locale. Avec les privatisations sauvages au profit d’oligarques, l’économie et le niveau de vie des Russes se sont totalement effondrés. Seule gagnante, une infime minorité de nouveaux riches s’est empressée de sortir ses capitaux hors du pays, s’affichant sans vergogne avec un luxe tapageur. Heureusement, cette période trouble semble s’éloigner et une nouvelle génération, plus responsable, envisage l’avenir avec moins d’immoralité.

Aujourd’hui, dixième puissance mondiale en termes de PIB à valeur nominale et sixième en parité de pouvoir d’achat, la Russie se considère comme le pont entre l’Europe et l’Asie. Et pourquoi ne le serait-elle pas, elle dont les Pouchkine, Dostoïevski, Tolstoï, Tchekhov, et plus près de nous Pasternak et Soljenitsyne ont su si bien comprendre la nature humaine.